Les Coupes de
1906 - 2012
           
Interruption
Interruption
2006
       
  Classement chronologique des courses Classement des courses par durée de vol Classement des courses par distance parcourue
       
 
2006 50ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett - Wassmunster (Belgique) - 9 septembre 2006
17 équipes - vainqueurs : Philippe De Cock / Ronny Van Havere - Belgique (2 449,60 km) - ballon 'D-OCOX Belgica II'
 
Comme les Belges Bob Berben et Benoît Siméons avaient gagné la course en 2005, c’est la Belgique qui a eu l’honneur d’organiser la 50ème édition de la Gordon Bennett qui correspondait aussi au 100ème anniversaire de cette Coupe Aéronautique. Waasmunster a été la ville d'accueil.
   
Vendredi 8 : Briefing général, la météo en Belgique était correcte : temps stable, sec, ciel bleu, chaud et vent léger. Globalement toutefois, les vents se sont dirigés directement vers la mer du Nord. Il a donc été décidé que le décollage ne serait pas fait en début de nuit le Samedi, mais deux heures avant le coucher du soleil. Cela permettait aux pilotes qui ne se sentaient pas très sûr d'eux-mêmes, de leur ballon ou de leur équipement, de débarquer sur le territoire belge avant de commencer un voyage de 24 heures au dessus de la mer du Nord.

Tôt le samedi matin, le remplissage des premiers ballons a commencé. Beaucoup de spectateurs étaient venus assister au départ de cette course historique, les ballons à gaz étant rarement vus en Belgique. Sur les 17 ballons présents, seuls 16 ont pris le départ. Le ballon d'Andy Cayton et Dan Suskin, équipe USA3, fuyait .... Le rêve d'Andy et Dan s'est effondré. Ce ballon ne pouvait pas voler. C'était fini pour eux avant même d’avoir commencé.

Les ballons se sont dirigés vers la côte belge et tous les ballons ont traversé la Manche dans la nuit. En volant à basse altitude l’Angleterre était accessible. Deux ballons, un belge et un Suisse, ont atterri dimanche dans les environs de Scarborough. Les 14 autres ballons ont commencé un long voyage sur la mer du Nord. Voler plus haut vers la Scandinavie du Sud était à portée de main.

Lundi, les Allemands Heinrich Brachtendorf et Karl-Heinz Huthmacher n'avaient plus assez de lest et ont du atterrir. Cinq ballons ont choisi d'essayer d'atteindre la plus longue distance possible, malgré le mauvais temps.

Mais dans l'après-midi du lundi, les équipes Belge de Benoît Siméons / Bob Berben et Française de Vincent Leys / Sébastien Rolland ont rencontré des difficultés dues aux conditions météorologiques sévères qui ont rendu les atterrissages très difficiles dans les montagnes. Il faudra trois jours d'aventure en pleine nature scandinave à l’équipe Belge avant d'atteindre la civilisation.

Trois « irréductibles » ont continué de voler vers le nord, dont l’équipe belge Philippe De Cock et Ronny Van Havere. Cinq ballons se sont posés près de la frontière Russe.
   
Toutefois, les Canadiens Danielle Francoeur / Leo Burman, les Suisses Kurt Frieden / Stefan Zeberli et les Américains Phillip Macnutt / Richard Abruzzo auront un résultat nul pour avoir commis des infractions au Air Traffic Control. L'espace aérien devenant de plus en plus dense, le règlement de la circulation aérienne est une priorité de plus en plus importante dans ces courses, son respect est obligatoire.

Les Autrichiens Gerald Stürzlinger / Johann Fürstner ont volé une quatrième nuit et ont atterri à l'aube, le mercredi 13 Septembre. Fin de vol au coude à coude entre le très expérimenté Eimers et De Cock. Mais l’Allemand Eimers s’est dirigé trop vers l'est, il a du arrêter avant la frontière Russe dont l'espace aérien n'était pas ouvert à la course Gordon Bennett.

Philippe De Cock et Ronny Van Havere ont volé une demi-heure de plus, sont entrés à nouveau sur le territoire norvégien et atterri sur .... Le Cap Nord ! Ils ont volé 66h53 et 2 449,60 km, dont plus de la moitié au dessus de la mer.

La Gordon Bennett, pour son centenaire, a montré son intacte vitalité, avec cette année, de la part de tous les équipages, des performances phénoménales. C'était un vol historique à coup sûr ! La Belgique a remporté la Gordon Bennett 2005 et 2006. Tous les yeux resteront concentrés sur les équipes belges, se demandant si ils apporteront la Coupe de Belgique en 2007 ....?
   
 
2007
51ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett - Bruxelles (Belgique) - 15 septembre 2007
14 équipes - annulée pour défaut d'accord avec le Belgocontrol
(gestion et contrôle du trafic aérien belge)
 
Commentaires de Moniek Vande Velde - Directeur événement Gordon Bennett 2007 : Samedi 15 septembre : « Les pilotes ont un briefing à 11h00. Une nouvelle décision est prise, les ballons à gaz seront gonflés aujourd'hui à partir de 14h00 et seront dressés au coucher du soleil. Une réunion d'information avec tous les pilotes et les fonctionnaires se tiendra à 20h00. En attendant, nous espérons recevoir la permission des autorités de vol belges pour décoller entre samedi 22h00 et dimanche 03h00 »
     
Programme inflation prévu :

01. - FRA1 - 14:00
02. - BEL1 - 15:30
03. - NED1 - 14:00
04. - USA1 - 17:00
05. - GER3 - 15:30
06. - GBR2 - 18:30
07. - SWI1 - 14:00
08. - BEL2 - 17:00
09. - USA3 - 15:30
10. - GER1 - 18:30
11. - GBR1 - 14:00
12. - SWI2 - 17:00
13. - USA2 - 15:30
14. - GER2 - 17:00
   
« Cette inflation va permettre à tous d’admirer la beauté des ballons prêts pour le décollage, dans l'obscurité, avec des spots sur eux et prier pour une météo et des autorisations favorables, pour que la Coupe Aéronautique Gordon Bennett reste une réalité. »

« Malheureusement, nous devons vous informer que les ballons ne peuvent pas décoller comme prévu ce samedi. Les prévisions de direction du vent ne sont pas conformes pas aux exigences des autorités de l'aviation. Nous vous tiendrons informés dès que possible » « La météo du dimanche midi est défavorable, également pour lundi et mardi. Par conséquent, tous nos espoirs d'obtenir la permission des autorités de vol belges pour décoller ce soir, en dépit de la direction du vent, sont faibles. »

La 51ème course Gordon Bennett a été annulée pour défaut d'autorisation du Belgocontrol (gestion et contrôle du trafic aérien belge). Certains ont pensé que les ballons, prêts à décoller, auraient pu avoir une trajectoire de vol idéal en vers la Pologne. Quoi qu’il en soit, la déception parmi les organisateurs, les pilotes et les équipages qui ont travaillé si dur, était perceptible.
 
 
2008 52ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett - Albuquerque (USA) - 7 octobre 2008
12 équipes - vainqueurs : David Hempleman-Adams / Jonathan Mason - Royaume Uni (1 768,67 km) - ballon 'N4054N Lady Luck'
 
Jusqu'à présent cette Coupe était organisée dans le pays des vainqueurs de la précédente édition. La CIA a décidé d'espacer d'un an les deux évènements. Les organisateurs auront désormais un peu plus d'un an et demi pour se préparer. Ainsi, le pays des vainqueurs pour cette édition 2008 pourra présenter son dossier en 2009 pour l'édition 2010.

12 équipages ont décopllé d'Abulquerque (USA) dans la nuit de lundi à mardi. Après un début de vol plein sud, les ballons se sont dirigés vers l'ouest puis vers le nord est, faisant ainsi une boucle autour d'Albuquerque. L'équipage français (Thierry Villey et Philippe Buron Pilatre) s’est posé après 22h de vol et 18 km parcourus.
« jeudi 9 octobre : Minneapolis en point de mire pour David Hempleman-Adams, UK-2, qui prend la tête de la course, dépassant la performance de Tomas Hora, GER-2. Il vole à près de 90 km/h pour le moment. Wilhelm Eimers, GER-1 arrive rapidement.. il est désormais en 3ème position.. Il reste toujours 5 ballons en vol, et le classement risque de changer encore !! » (Martine Besnainou - ffaerostation)

USA-2, Barbara et Peter (photo de droite) sont débarquées avec une distance de 1 511 km. Seuls AUT-1 (Gerald et Helmut) et USA-1 (John et Stuart) sont encore en l'air. AUT-1 est maintenant à la deuxième place et doit voler encore environ 400 km pour atteindre la distance de David et Jonathan (GBR-2).

En se posant à Helenville (Wisconsin) après 74h12 et 1 768,67 km parcourus, David Hempleman et son co-pilote Jonathan Mason, sont devenus la première équipe britannique à remporter la course depuis sa création en 1906. (photo ce cette équipe, ci-dessous, à gauche)

Un extrait de leur récit par David : « Le terrain de lancement est un mélange éclectique des équipes. Nous n'avons pas été sponsorisés, juste autofinancé. Quelqu'un a même dit que notre panier était un « désastre ». Chaque équipe est venu et a ri, nous a souhaité bonne chance et nous rayer des vainqueurs« potentiels ». Mais notre équipe a fait un excellent travail pour nous préparer pour le lancement. Nous étions au quatrième rang parmi les 20 ballons à décoller. Ceux de la course plus les ballons du ‘Americas Challenge’.
 
Luc Trullemans, mon vieil ami et météorologue de génie faisait notre météo. Le plan était de voler aussi bas que possible pour les 24 premières heures, puis récupérer un système météorologique pour nous emmener au nord. Cependant, notre route nous emportait lentement vers le Mexique et dangereusement près de la base restreinte de missiles de White Sands. Si vous entrez sans permission, c'est ‘game over’. C'est là que vous devez être fort et croire en vos tactiques et stratégies d’équipe. Par sécurité, deux équipes avaient déjà atterri alors qu’elles se dirigeaient vers les montagnes.
   
Nous passons lentement à travers un col de montagne pour notre deuxième nuit en plein air, de beaux paysages tout autour. Les nuits étaient toujours froides, sous les cinq degrés, et les jours terriblement chauds, atteignant jusqu'à 42 degrés.

Après une brève discussion avec Luc " Dave, vous devez vous rendre à 10.000 pieds MAINTENANT. Grimpez. Grimpez, Grimpez’, les agriculteurs de la prairie ont dû penser que le désert de Mohave avait été déversé sur eux.

Notre troisième nuit en l'air a été la meilleure. Le téléphone satellite est devenu un outil indispensable en vol. Nous étions maintenant en deuxième place et nous dirigeant vers le lac Michigan qui nous voulions traverser.

Tout d'un coup, le ballon a commencé à tomber du ciel et dans le panier et j'ai vu de grosses boules de neige. Nous sommes passés de 14 000 pieds à 4 000 pieds en quelques minutes. les règles stipulent que vous devez atterrir sur des terrains pas sur l'eau. Nous étions probablement juste pour traverser le lac en toute sécurité (un sac) et nous avons décidé de descendre dans l'obscurité.

Le shérif local nous a trouvés et nous a emmenés dans un hôtel local. Dans la matinée, c'était mon anniversaire, je suis allé dans la salle de bain et j'ai vu une note sous la porte, elle venait de équipage au sol :
 
nous avions gagné ! » Ce sera la première course Gordon Bennett qui partira de Grande-Bretagne, et qui déjà présente des perspectives intéressantes pour une course à distance. L'an prochain, Gordon Bennett se tiendra à Genève, en Suisse.
 
2009 53ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett - Genève (Suisse) - 5 septembre 2009
16 équipes - vainqueurs : Sébastien Rolland / Vincent Leys - France (1 588,29 km) - ballon 'F-PPSE Golden Eyes'
 

La Gordon Bennett a été organisée dans le cadre de la Fête de l'Air 09, incluant le 100e Anniversaire de l'Aéro Club de Genève, une Fiesta de ballons à air chaud, de nombreux stands et démonstrations.

En septembre, le temps à Genève est généralement magnifique pour les vols en ballon. Les conditions météorologiques sont souvent celles d’un été indien. La 53ème Coupe a été lancée depuis le complexe sportif de Genève. Lors des briefings, il avait été précisé que le vol VFR après le coucher du soleil n’était pas été autorisé dans une partie de l'Italie, la Corse, la Sicile et la Sardaigne. Il avait été également dit que toute l'Afrique était hors des limites du terrain de vol.

   

16 équipes représentant 8 nations se sont dirigées en direction du sud vers la vallée du Rhône. Durant la première nuit, les ballons ont atteint des vitesses allant jusqu'à 105 Km/h, en raison du légendaire Mistral qui descend la vallée du Rhône. Par chance, aucun ballon n’a été forcé d'atterrir pendant cette période.

Les premiers équipages ont longé le littoral et atterri après une nuit de vol au pied des Pyrénées ou sur la côte Est de l’Espagne.

Les trois ballons allemands ont atterri sur les îles (deux à Minorque et l'autre en Sardaigne), tandis que trois ballons se sont dirigés vers l'Algérie et donc vers la disqualification.

La plupart des ballons est partie vers l'ouest et a volé en direction de l'Espagne le deuxième jour. La météo et la durée de vol ont commencé à faire sentir et plusieurs équipes ont été contraintes de se poser. USA2 avait une bonne avance, mais lors de la troisième soirée, l’équipage a préféré se poser plutôt que voler en mer et espérer atteindre la côte rocheuse de Gibraltar.

l’équipage anglais composé de Janet Folkes et Ann Rich a battu le record féminin de la Gordon Bennett avec une durée de vol de 60h48 en se posant mardi 8 sept à 20h30 locales.

Il ne restait plus en vol qu’une équipe Suisse et une Française. Après 1 570Km les Suisses se sont posés au sud du Portugal.

   
Les français, Vincent Leys et Sébastien Rolland, ont volé un peu plus et ont remporté la victoire, en se posant à Lagos, après 85h18 de vol pour une distance de 1 588,29 Km.

Un extrait du récit de Sébastien Rolland, publié dans Gas Division Newsletter « Notre stratégie de vol a été établie avec notre salle de contrôle dirigée par Christophe Houver, et Sébastien Fabre, météorologue amateur, avec le sud du Portugal comme destination.

Nous savons que ce sera long, très long. Pour la première nuit, nous avons été informés de voler bas. Nous volons très proche des montagnes, parfois seulement 150 pieds au-dessus du sommet. Le dimanche a été difficile, le ballon a du être piloté soigneusement pour voler vers la droite, autant que possible, parfois à 140 pieds au-dessus de la mer.

Le travail a payé, et le lundi matin nous nous sommes rapprochés de la côte espagnole, nous dirigeant droit vers Valence. Dans l'après-midi nous communiquons avec la salle de contrôle : 11 ballons volent , trois sont à proximité de la côte algérienne et seulement deux sont dans au bon endroit pour gagner. Dans notre esprit, nous commençons tout juste à la course maintenant, ici à Valence avec huit ballons.

Le mardi matin, nous survolons la région de Ciudad Real.
 
En début de nuit, nous apprenons que Mark Sullivan et Cheryl White, équipe USA2 ont atterri à Faro et seul le ballon Suisse de Kurt Frieden et Pascal Witpraechtiger peut atteindre Cap Saint-Vincent.

Nous attendons des nouvelles de leur atterrissage avant la nuit. Mais ces nouvelles ne viendront jamais : ils volent à une 4ème nuit. À 20h25, Christophe Houver nous confirme que le ballon suisse va atterrir au cap Saint-Vincent. Nous visons autant que possible à gauche, la limite étant la côte sud du Portugal, mais nous avons besoin de plus de vitesse pour arriver avant la nuit prochaine. Le ballon va nous aider, il trouve le bon vent. Décroissant ... à seulement 400 ft / min. Nous devrions avoir assez de lest pour arrêter la descente et choisir notre point d'impact. Nous traversons la plage de Lagos, témoins, excités , sont en provenance de l'aérodrome de Lagos. » Ils vont se poser 17 kilomètres plus loin que SUISSE 1 et 59 kilomètres plus loin que USA 2
 
 
2010 54ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett - Bristol (Angleterre) - 25 septembre 2010
20 équipes - vainqueurs : Kurt Frieden / Pascal Witpraechtiger - Suisse (2 434 km) - ballon 'HB-QKF'
 
Pourquoi Bristol ? La course inaugurale a eu lieu à Paris en 1906. Depuis lors, aucun Britannique n’avait gagné, jusqu'à ce que, en 2008, David Hempleman-Adams et Jon Mason gagnent la 52ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett et avec elle l'honneur d'accueillir la course dans leur pays d'origine. En 2009, elle s’était tenue à Genève. En 2011, elle se tiendra à Gap-Tallarde, en France.

20 équipes provenant de 11 pays ont participé à cette 54ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett, les pilotes Tchèques Jan Smrcka et Zuzka Smrchova n’ayant pu participer.
   

L'équipe féminine de Grande-Bretagne, Janet Folkes et Ann Rich (photo droite), est équipée d'un programme informatique spécial développé à l'origine par la NASA.

Samedi
, les camions d'hydrogène sont arrivés ainsi que les équipes de remplissage de sacs de sable. Le gonflage des ballons a commencé par les ballons avec filets. Il y avait beaucoup de vent et le lancement a été reporté dans la soirée.

Décollage au crépuscule près de Bristol, le ballon Russe ‘Tyukhtyaev’ a décollé le premier. Dans la nuit, les ballons se sont dirigés à travers la Manche pour se rendre en France.

Dimanche matin, les ballons de tête étaient en vue des côtes françaises aux environs de Saint Malo. Le reste des équipes formaient un groupe serré pour les suivre.

L’équipe Japonaise Saburo Ichiyoshi /Akio Hachinohe était en avance de 20Km sur le second. Mais ils se sont posé avant de franchir les Pyrénées avec un vol de 838.758km. Pour les 19 autres ballons se posait le problème de la trajectoire.

Plusieurs équipes se sont posées en France. D’autres ballons ont volé au-dessus de la mer vers l'Italie et une nouvelle journée excitante de vols à travers l'Europe était en perspective

   
Lundi matin, 12 équipes sont encore en vol, 8 se sont posées. D’autres ont atterri dans la journée. L’atmosphère dans le Centre de Contrôle Aérien est électrique. Choisir la bonne route était primordiale. Voir les trajectoires de vol sur la carte des trackings, à gauche.

Certainement une des meilleures histoires de cette course. Lundi, peu avant le coucher du soleil, les Français Sébastien Rolland et Vincent Leys survolaient la Sardaigne à une grande altitude et à grande vitesse. Selon les autorités italiennes, ainsi que les organisateurs, les règles étaient absolument claires. Pas de vol possible dans l’espace aérien Italien de nuit (30 mn après le coucher et 30 mn avant le lever du soleil), au risque d’être disqualifié.

La Sardaigne est un territoire italien, donc l'espace aérien qui l'entoure est italien. Rolland et Leys ont décidé de descendre vite pour ralentir leur avancée à travers la mer Tyrrhénienne, mais le vent les emportait en arrière vers la Sardaigne et vers la côte. Il restait moins d'une heure, alors ils ont du descendre encore pour respecter cette règle.

Mardi, 4ème jour de course, quatre ballons étaient encore en course (GBR3, GER1, USA2 and GER2). Ils volaient depuis 60 heures. Les Suisses Kurt Frieden et Pascal Witpraechtiger ont remporté cette course en se posant à Constanta, après un vol de 58h37 et une distance de 2 434 km
 
Mais une tragédie est survenue … Le 29 Septembre 2010, le ballon de Richard et Carol, (ci-dessous au départ de la course) qui volait au-dessus des eaux internationales de la mer Adriatique, n’est plus localisé par le radar de contrôle de la circulation aérienne italienne (ATC).
     
Le 4 Octobre 2010, ni le ballon ni les pilotes n'ont été localisés. L’inquiétude s’est installée, d’autant plus qu’ils traversaient une zone d’orages.

Le 6 Décembre 2010, le ballon USA2 et les corps de Carol et Richard ont été récupérés en mer Adriatique par un bateau de pêche italien. La nacelle est restée crochée dans leurs filets à environ 20 km de la côte italienne.

Le 8 Septembre, le NTSB (National Transportation Safety Board) a publié un "rapport factuel" indiquant que le ballon semblait avoir été frappé par la foudre, après avoir été pris dans le mauvais temps.

Les deux aérostiers étaient des sportifs chevronnés, ayant participé à plusieurs reprises à la coupe Gordon Bennet et étant même sortis vainqueurs en 2004.

Le monde du ballon gardera un excellent souvenir de ses amis disparus.
 
 
2011 55ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett - Gap-Tallard (France) - 10 septembre 2011
12 équipes - vainqueurs : Sébastien Rolland / Vincent Leys - France (780,66 km) - ballon 'F-PPSE Golden Eyes'
 
C'est grâce à la victoire de Vincent Leys et Sébastien Rolland, lors de l'édition 2009, que la France a eu le privilège d'organiser cette année le départ de cette 55ème Coupe Aéronautique.
Gap-Tallard est placé dans un endroit stratégique, mélange naturel entre un climat méditerranéen et des paysages somptueux de haute montagne, protégé de tous les vents dominants.

Une coupe se prépare longtemps à l’avance. Dès la fin août les organisateurs ont annoncé une bonne nouvelle : « Vous serez heureux d'apprendre que des procédures spécifiques pour vols VFR de nuit en Italie ont été négociées. »

Samedi 10 : 12 ballons représentant 6 pays ont participé à cette Coupe. L’inflation a démarré à 17h30. Puis, après un dernier briefing, les pilotes se sont envolés dans un ciel limpide et sous une pleine lune, vers 21h30 (23h30 heure locale), devant plus de 10 000 personnes.

Ce succès populaire a montré encore une fois combien la culture de l'air était une règle dans cette région. L'équipe d'organisation, Carnavol, a pu démontrer encore une fois que le rêve de l'homme volant était toujours présent dans les esprits de chacun.

Dimanche 11 : Après une altitude de 5 600 m, tous les équipages étaient dans l’espace aérien Italien. Dans la matinée, un ballon s’était déjà posé. Deux traversées des Alpes en un jour. Quelle belle course ! La traversée des Alpes de la France à l'Italie ... et puis un autre passage de l'Italie vers la Suisse et l'Allemagne ou l'Autriche.
   

Jusqu'au coucher du soleil, la région du Sud et de l'Est de Munich était restée adaptée pour le vol et l'atterrissage. Les pilotes ont seulement pu utiliser une fenêtre de temps très étroite pour finaliser leur traversée des Alpes.

Les teams FRA1, GBR1, GER1 and GER2 ont tous volé à haute altitude, entre 4 700 et 6 000 m. Ils ont utilisé une partie de leur oxygène. C’était un vol qui demandait beaucoup d’endurance et de résistance. Etaient-ils prêts pour une seconde nuit ? Après une première nuit paisible et une matinée assez favorable, la plupart des pilotes ont du se poser au pied des Alpes Autrichiennes à cause des conditions météo défavorables.

Dimanche soir, il restait en vol 3 ballons (GER1, GER2 et FRA1). Mais un orage approchait. Dans ces conditions météo, l'équipe FR 1, Sébastien Rolland et Vincent Leys, s'est posée lundi matin à 2h22 locale près de Linz en Autriche après avoir parcouru un vol de 780,66 km et un vol de 26h42. Déjà vainqueur il y a 2 ans au départ de Genève, l'équipage français a récidivé !

Leurs impressions : « Notre stratégie se peaufine heure après heure, et nous prévoyons de monter bientôt à 5.500 ou 6.000 mètres au cours de la seconde moitié du vol pour éviter le front de la tempête à venir. Ce délestage précoce doit aider notre ascension finale. Dimanche soir, alors que nous arrivons à Innsbrück, vallée au milieu du Tyrol autrichien, nous savons que le front de tempête s'approche de nous par l’arrière.

   
Maintenant, c'est le moment de faire un grand virage à droite. Ce qui est à la fois impressionnant, inquiétant et beau. Nombreux sont les échanges avec notre équipe de stratégie au sol avant de prendre la grande décision: soit atterrir ici avant l'arrivée du mauvais temps, soit de voler pour la seconde nuit.

Le choix : maintenant ici ou demain en Pologne ou en Lituanie. Nous devrions toujours avoir quelques heures de ciel clair pour un atterrissage si nécessaire. Nous ne sommes pas au courant de la décision des trois ballons en avance sur nous. Ce sont les seuls à ne pas avoir exprimé leur intention.

Ils doivent tous certainement être à court de ballast parce qu'ils ont volé à des altitudes de plus de 6 000 mètres au cours de la première journée.

Le verdict est révélé au début de la nuit : tous les autres ballons ont décidé d’atterrir. Nous sommes assez loin de la ligne de front pour maintenir une distance de sécurité de toute la nuit. Nous utilisons les lunettes de vision nocturne pour rechercher des lignes électriques à haute tension, mais nous constatons rapidement que nous pouvons voir encore mieux avec nos yeux nus grâce au clair de lune.
 
Quelques sacs de ballast sont suffisants pour amortir la descente, dont la vitesse peut être comparée à une descente froide dans un ballon à air chaud. Juste derrière un hameau, un champ apparaît, pouf! Posé. La joie de retrouver le sol explose en nous et elle est immense, et une autre émotion : nous avons gagné la victoire dans cette Gordon Bennett» (remise de la coupe, photo ci-dessus)
 
2012 56ème Coupe Aéronautique Gordon Bennett - Ebnat-Kappel (Suisse) - 1er septembre 2012
17 équipes - vainqueurs : Sébastien Rolland / Vincent Leys - France (1 620,06 km) - ballon 'F-PPGB Grain de Folie'
 
A 22h30, le premier ballon AUT-2 a été lancé. Le dernier des 17 ballons pour commencer leur long voyage était SUI-3, piloté par Walther Gschwendtner et Felix Gerber. Entre ces deux ballons d'autres équipes, représentant 8 pays : Autriche, Allemagne, France, Espagne, Fédération de Russie, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Suisse ont également pris leur envol, dans un ciel nocturne nuageux sur le magnifique terrain de lancement de Ebnat-Kappel, dans la vallée de Toggenburg.

La vallée de Toggenburg est composée de plus de 30 villes et villages, certaines grandes et d'autres qui constitués seulement de quelques maisons.Le jour du départ les vents dominants ont emportés les ballons dans la direction de l'Espagne.
   
Maintenant, c’était la compétence des pilotes et de leurs météorologues, qui avaient la tâche délicate de travailler ensemble, qui leur permettrait de réaliser un atterrissage le plus loin possible du point de lancement.

L’équipe française Leys/Rolland avait embarqué dans une toute nouvelle nacelle ultralégère (14 kilos) et sous de nouvelles couleurs : celles de Villeneuve-d'Ascq. (photo de droite, dans leur nacelle)

Dimanche soir, comme prévu, le peloton de tête est arrivé dans la région de Toulouse, juste avant le coucher du soleil. La décision de poursuivre ou d’atterrir devait être prise, une décision qui a du être sérieusement considéré et soigneusement pesé.

La traversée de nuit des Pyrénées est un véritable défi. Les pilotes ne pourront tenter cela que s’ils ont suffisamment de lest restant et une idée très claire de leur direction et de la vitesse attendue. En plus de tout cela, il est absolument certain que «l'autre côté» de ces rudes montagnes, la direction du vent va changer de manière significative. Les pilotes ont pris tous ces facteurs en considération et sont arrivés à leurs décisions individuelles.

9 équipages ont atterri en toute sécurité à l'issue d'une journée excitante et fascinante. Les autres restaient encore en vol pour au moins cette nuit.
   
Au lever du jour, 8 équipages poursuivaient leur traversée de l'Espagne et 3 ballons venaient de traverser les Pyrénées.

Lundi 3 : Duel palpitant sur cette fin de course entre les teams SUI-1, Frieden / Witrächtiger et FRA-1, Rolland / Leÿs !

Le mano à mano a duré toute la journée. Les deux ballons ont joué au chat et à la souris toute la journée, dans la partie sud de l’Espagne, entre Madrid et Malaga.

Constamment en tête, menant même à un moment de près de 100 km, l’équipe suisse s’est finalement posée vers 10h30 à Puebla del Maestre, au Nord de Séville, après une course de 1 603 km.

FRA-1 avait alors un retard de quelques dizaines de km, mais était toujours en vol, à haute altitude et avec suffisamment de lest.

Bien que portés par des vents faiblissants, Leys et Rolland ont su qu’ils avaient une chance de gagner cette coupe. Ils ont cependant mis du temps avant de dépasser le ballon suisse, et se sont enfin posés près de Séville après 69h02 et une distance à vol d’oiseau de 1 620,06 km, après avoir coiffé au poteau le ballon Suisse1 qui occupait la première place depuis plusieurs heures.

Vincent Leys, prothésiste dentaire installé à Villeneuve d'Ascq, avoue : « Je n'arrive pas à bosser. Dans une semaine ou quinze jours, ça ira mieux. Il y avait une telle excitation, j'ai eu énormément de messages de félicitations, c'est dur de se reposer. Nous avons effectué un superbe vol, impeccable. »

C’est la troisième victoire de cet équipage, après les succès de 2009 et 2011.

Vincent Leys, lui, entre au panthéon des aérostiers : il rejoint le mythique Autrichien Josef Starkbaum, vainqueur à sept reprises entre 1985 et 1993.

L’an prochain, il tentera de devenir l’unique pilote à huit succès. Cela tombe bien : la course prendra son envol de Nancy, le samedi 24 août 2013… (reportage Gordon Bennett 2013)

   
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2006
 
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